2000. C’est le nombre de réfugiés syriens et erythréens que le nouveau gouvernement polonais se dit d’accord d’accueillir. Initialement, c’est-à-dire avant les attentats de Paris, il s’agissait de 7000 personnes. Aujourd’hui, ce chiffre est considéré comme exagéré. Selon l’actuel ministre de l’Intérieur, M.Mariusz Blaszczak, le gouvernement précédent a eu tort de prendre cet engagement. « Le plus important pour notre gouvernement, c’est la sécurité. Nous n’accepterons aucun compromis. Pour nous ce qui compte, c’est la sécurité de la Pologne et des Polonais.»
La Pologne compte 38 millions d’habitants. Selon les derniers sondages, 73% d’entre eux ne souhaitent pas ouvrir les frontières du pays aux étrangers en provenance de l’Afrique et du Proche Orient. Si leur opposition s’exprime souvent par des propos hostiles et des commentaires haineux placés sous certains articles de journaux, un certain nombre d’entre eux n’hésitent pas devant des actions musclées (telles que l’agression physique des personnes) ou des manifestations publiques pendant lesquelles fusent les slogans xénophobes et anti-européens.

«Nous ne voulons pas de la germanisation de l’Union Européenne», «Aujourd’hui migrants, demain terroristes»
Les manifestations anti-réfugiés qui rencontrent le plus de succès sont organisées par un mouvement de la jeunesse polonaise, «Mlodziez Wszechpolska" (MW).Voici comment il se présente sur son site: «MW est une association socio-éducative réunissant des jeunes gens quiaiment leur patrie et sont attachés à l’Eglise Catholique Romaine . Notre objectif est d’éduquer nos membres dans l’esprit des valeurs nationales et catholiques afin qu’ils cultivent pleinement le sens des devoirs patriotiques et soient ainsi utiles à la Patrie, quels que soient les postes qu’ils occupent.»
«Hier Paris, demain Poznan. Pologne réveille-toi!»
MW compte environ 3000 membres et est présente dans toutes les grandes villes polonaises.L’une de ses dernières manifestations a eu lieu à Cracovie le 18 novembre de cette année.Selon «Gazeta Prawna», quelque mille personnes y ont pris part: «Ils criaient «Cracovie libre de l’islam» et «Mort à l’Etat Islamique» mais il y avait aussi des slogans injurieux à l’égard des minorités et de l’islam».
Au même moment, de l’autre côté de la place, une vingtaine de personnes manifestaient en faveur de l’accueil des réfugiés. Leur message est clair: «Nous voulons montrer que Cracovie ne s’exprime pas uniquement avec haine et intolérance. Les réfugiés fuient exactement ce dont nous avons peur.»
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