La Première Ministre Beata Szydlo a affirmé mardi dernier à Strasbourg que la Pologne avait accueilli l'an dernier un million de réfugiés en provenance de l'Ukraine, des «gens que personne ne veut aider». Soit Mme Szydlo est brouillée avec les chiffres, soit elle ne sait pas faire la différence entre les immigrés économiques (avec visa ou permis de séjour) et les demandeurs d'asile, soit elle pense que tous les moyens sont bons pour refuser l'arrivée des vrais réfugiés en Pologne. Dans tous ces cas de figure, ce n'est pas sérieux et ça fait très mauvaise façon!
Certes, il y a bien environ un million d'Ukrainiens qui vivent en Pologne depuis quelques années. Mais ce ne sont pas des migrants. Ils ne sont que 4000 à avoir demandé l'asile à la Pologne en 2015 et seulement deux à l'avoir obtenu. Tous, ils travaillent, payent leurs impôts et ne bénéficient d'aucune aide sociale. Ce sont des personnes autonomes qui non seulement n'ont pas besoin d'être assistés mais contribuent à la bonne marche de l'économie polonaise (notamment dans le secteur domestique).
Les réactions aux propos invraisemblables de Mme Szydlo ne se sont pas fait attendre.
Les principaux journaux polonais ont aussitôt corrigé les affirmations de la Première Ministre et donné les vrais chiffres. L'ambassadeur de l'Ukraine à Varsovie, Andrij Deszczyca, a immédiatement riposté lui aussi. Il a précisé que les Ukrainiens présents en Pologne «bénéficient d'une très bonne image, ils sont bien formés, ils ont des bonnes qualifications. Ils s'intègrent bien.»
Quant aux médias ukrainiens, ils se demandent si la Première Ministre a consciemment confondu la notion de l'immigré avec celle du réfugié. Il faut dire qu'ils sont en droit d'avoir des doutes: en août de l'année dernière, le Président de la Pologne, Andrzej Duda (docteur en droit) a déjà assimilé les Ukrainiens aux réfugiés.
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