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L’Europe aboie mais ne mord pas

Le 7 janvier de cette année, le Président polonais a signé la nouvelle loi Radio-TV. La veille, une rencontre entre le président du PIS et le premier ministre hongrois venait d’avoir lieu dans une petite ville du sud de la Pologne. Existe-t-il un lien entre ces deux événements ? On peut raisonnablement le supposer. Car même s’il est plus que probable que le Président - que la majorité des ses compatriotes voit comme une marionnette de Jaroslaw Kaczynski - aurait de toute façon un jour ou l’autre signé cette loi, comme il a paraphé celle sur le Tribunal Constitutionnel et bien d’autres du même acabit, on imagine que les encouragements de Victor Orban que J.Kaczynski ne s’est certainement pas privé de transmettre à son poulain lui ont donné le coup de pouce décisif.

Qui mieux que le premier ministre hongrois peut affirmer haut et fort que l’Europe a beau mettre en garde, protester et évoquer d’éventuelles sanctions, elle rechigne à agir. L’Europe aboie mais ne mord pas. Deux années se sont écoulées depuis que Victor Orban a mis au pas les médias publics de son pays et qu’est-ce qui s’est passé ensuite? Rien ou presque. La Hongrie fait toujours partie de l’Union européenne et elle a gardé son droit de vote. Alors, pourquoi se gêner?

   L’Europe aboie mais ne mord pas

 Pure coïncidence ou pas, la dernière intervention du président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker semble donner raison à Victor Orban. Il s’est efforcé, le lendemain de la rencontre PIS-Fedesz de déasamorcer les tensions ("Il ne faut pas surdramatiser») et il a affirmé que l'UE ne veut pas "taper" sur la Pologne et que son approche est «très constructive».

 

 Pourtant, tout au long du mois de décembre, différents politiciens européens ont exprimé leur indignation et leur volonté de s’opposer au démantélement de la démocratie en Pologne. Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, a déclaré, par exemple: «On a l’impression d’un retour à l’ époque soviétique. (....) Cette attaque de l’indépendance des institutions judiciaires, des médias, les méthodes utilisées, c’est une violation des principes de base de l’Union Européenne.» Le politicien luxembourgeois n’excluait pas alors qu’on en arrive à priver la Pologne du droit de vote au sein de l’Union.

Frans Timmermans, vice-président de la Commission Européenne, a demandé aux ministres des Affaires étrangères et de la Justice de geler la nouvelle loi sur le Tribunal Constitutionnel tant que tous les doutes concernant son influence sur l’indépendance et le fonctionnement du Tribunal ne seront pas levés.

Martin Schultz, président du Parlement Européen avait même déclaré que «les événements en Pologne ont les caractéristiques d’un coup d’Etat. C’est dramatique».

Des propos très fermes mais curieusement absents du discours actuel de l'UE. Changement d’année, changement de ton. En ce début de 2016, plus d’injonctions au respect des valeurs démocratiques fondamentales, plus question de sanctions. Est-ce la peur soudaine d’une scission au sein de l’Europe? Il est vrai que Victor Orban a déjà annoncé à la radio hongroise qu’il s’opposerait à toute sanction contre Pologne. Et il est plus que probable que le Groupe de Visegrad ferait de même.

Il est également possible que Jean-Claude Juncker, surpris par les réactions du gouvernement polonais qui prend toute remarque de la part de l’Union Européenne pour une ingérence inadmissible dans les affaires polonaises, ait voulu changer de stratégie et procéder d’une manière moins frontale et plus feutrée. Mais lorsque l’on observe l’arrogance du gouvernement formé par PIS, son absence totale du respect de l’autre et sa volonté de tout écraser sur son passage, on doute fortement du succès d’une telle tactique. Il est évident que la première ministre Beata Szydlo et ses collègues sont totalement imperméables aux charmes discrets de la subtilité. Ils ne comprennent que la loi de la force. Si l’Europe n’en tient pas compte, la Pologne a un sombre avenir devant elle.

 

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T
Le précédent gouvernement sélectionnait aussi les journalistes mais cela se faisait d'une manière  déguisée.
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