En Pologne, rien ne va plus. Les très nombreux changements des lois, les violations de la Constitution, le remplacement dans tous les domaines des personnes compétentes par les fidèles du parti au pouvoir, tout cela a complètement changé le paysage polonais en à peine quatre mois.
Le langage de la haine et le mépris de l'autre sont partout. Les politiciens du PIS accablent Donald Tusk, l'ancien Premier Ministre polonais et l'actuel Président du Conseil Européen de la responsabilité concernant le crash de l'avion présidentiel à Smolensk. Certains d'entre eux souhaitent rétablir la peine de mort en prévision de sa future condamnation. D'autres réclament la prison à vie pour M.Tusk. Sans qu'on comprenne vraiment de quoi on l'accuse et alors qu'aucune inculpation ne pèse sur lui.
Deux des principaux ennemis du PIS
Les politiciens du PIS méprisent les citoyens de l'opposition qu'ils considèrent comme appartenant à la pire espèce. Ils essaient de salir à tout prix Lech Walesa (au moyens de documents non authentifiés!) car ils ne supportent pas l'idée qu'il soit apprécié par la majorité de la population polonaise pour son rôle au sein de Solidarnosc.
Les mêmes politiciens crachent sur la plus haute instance juridique du pays, le Tribunal Constitutionnel dont ils bloquent l'activité. Ils expriment leur mépris à l'égard des institutions européennes et refusent de respecter leurs recommandations (celles de la Commission de Venise, du Parlement Européen, de la Commission Européenne) au nom de la souveraineté nationale.
Le gouvernement formé par PIS met en péril l'agriculture polonaise: en remplaçant tous les responsables des agences qui se chargent d'attribuer aux paysans les subventions européennes, ils privent ces derniers des moyens financiers nécessaires notamment à l'achat des semis. Car les responsables actuels ne connaissent pas la procédure à suivre, ce qui retarde toute attribution d'argent. Le mépris affiché à l'égard de l'Europe n'empêche pas le Ministère de l'agriculture de quémander auprès de l'Union une prolongation du délai des présentations des demandes des agriculteurs, faute de quoi ils pourront dire adieu à l'argent de l'Union.
Le gouvernement PIS est parvenu à enlever toute crédibilité aux médias publics. En licenciant plusieurs dizaines de journalistes appréciés par les téléspectateurs et les auditeurs, il a fait de la place à ses propres équipes, soit des personnes pour qui la déontologie du métier n'est rien. Le résultat est là: les émissions d'informations censurent impitoyablement tout ce qui déplaît au président du PIS, Jaroslaw Kaczynski, déforment les faits et font parler des invités à la morale plus que douteuse. La chute d'audience de ces émissions est à la mesure de ce manque de professionnalisme et d'éthique: spectaculaire.
Le remplacement de la majorité des dirigeants dans d'autres domaines a conduit au désastre. Les deux haras polonais mondialement connus, privés de direction compétente, voient leurs chevaux mourir et leurs propriétaires retirer ceux qui restent encore en vie. La réputation de Janow Podlaski et Michalow, patiemment bâtie pendant 200 ans, ne s'en remettra pas de sitôt. Même le pouvoir communiste n'a pas réussi à faire pire.
PIS n'épargne même pas les chevaux...
Le gouvernement polonais s'attaque aussi aux forêts. Celle de Bialowieza, classé patrimoine naturel mondial, fait l'objet des coupes massives. Alors même que toutes les organisations internationales qui s'occupent de la protection de l'environnement protestent contre ce massacre, arguments d'experts à l'appui. Mais il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Le gouvernement PIS, très lié à l'Eglise polonaise, n'est pas en mesure de protéger les femmes contre le projet d'interdiction totale d'interruption de grossesse. Respecter le droit de la femme à disposer de son propre corps ne fait pas partie de sa conception du monde. Et les convictions personnelles de la Première Ministre, Beata Szydlo et du président du PIS, Jaroslaw Kaczynski vont dans le sens indiqué par les évêques polonais.
La liste des dysfonctionnements (c'est un euphémisme) est encore très longue. Et s'allonge chaque jour. A moins d'un miracle, bientôt, il ne restera plus rien des 25 ans d'après communisme. Tous les acquis sociaux partiront en fumée alors que l'économie du pays ira en s'effondrant. Le jour où les investisseurs étrangers décideront de quitter une Pologne en proie à la crise (déjà les agences de notation Moody's, Standard&Poor's et Fitch manifestent leur inquiétude), PIS aura atteint ce qui est manifestement son but: l'isolement de la Pologne. Au plus grand dam des habitants de ce pays.
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