Combien de temps encore l’Union européenne supportera-t-elle les écarts du nouveau gouvernement polonais? Plusieurs sujets la préoccupe déjà: les violations répétées de la Constitution polonaise, la volonté du parti au pouvoir (PIS) d’affaiblir et de décrédibiliser le Tribunal Constitutionnel, par exemple. Et puis, source d’une autre inquiétude, il y a la question des réfugiés. En revenant sur la promesse- déjà peu généreuse - du gouvernement précédent d’accueillir 7000 personnes, la Pologne manifeste son refus de participer à l’effort commun. 2000 réfugiés pour une population de 38 millions, c’est tout ce que, pour l’instant du moins, l’Europe peut attendre de la Pologne.
Manifestement, le gouvernement de Mme Beata Szydlo s’aligne de plus en plus sur la Hongrie et les autres pays du Groupe de Visigrad. Un groupe qui conteste les décisions prises à Bruxelles. Pour combien de temps encore?
La Pologne peut-t-elle vraiment se permettre pareille nonchalance? Il faut savoir que des tous les pays européens, elle est celui qui touche le plus de fonds de la part de l’Union: environ 60 milliards d’euros entre 2007 et 2012, notamment. 82,5 milliards d’euros pour les années 2014-2020. Partout en Pologne, des écriteaux signalent le financement européen. Sans ce dernier, l’économie polonaise n’aurait pas pu atteindre en peu d’années la relative prospérité qui est la sienne aujourd'hui.
Alors, une question saute aux yeux: peut-on recevoir sans rien donner (ou presque)?
Et si oui, jusqu'à quand?
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