La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne n’est évidemment pas sans conséquences pour la Pologne et ses citoyens. Les premiers touchés sont les Polonais installés outre Manche. Avant l’entrée de la Pologne dans l’Europe, quelque 58 000 Polonais habitaient et travaillaient au Royaume-Uni. Aujourd’hui, ils sont près de 800 000 et représentent donc la deuxième communauté des émigrants après les ressortissants de l’Inde.
Leur présence est ressentie par beaucoup des Britanniques comme une véritable invasion. Nombreux sont les Anglais qui fuient les quartiers habités par des Polonais en disant qu’ils ne se sentent plus chez eux. Certains Polonais pensent même que l’augmentation spectaculaire de leur nombre n’est pas étrangère à l’idée même du Brexit.
Indispensables à l’économie du Royaume-Uni, ils n’en sont pas aimés pour autant. Ils n’ont pas une bonne réputation, les Anglais les accusent, notamment de profiter habilement du système des subventions. Et, simultanément, ils ont peur pour leurs emplois car les ouvriers polonais sont des gros bosseurs et dans le domaine du bâtiment, il n’y en a plus que pour eux.
Mais quelque soit leur métier, leur maîtrise de la langue anglaise et la durée de leur séjour en Grande Bretagne, pour les Polonais de là-bas, le Brexit est une catastrophe. Même s’il ne déploiera pas ses effets dans l’immédiat, le résultat du référendum a déjà libéré le discours de la haine.
A Londres, le lendemain du vote, le Centre socio-culturel polonais a été couvert d’inscriptions à caractère raciste. Dans le comté de Cambridgshire, des flyers distribués dans les boîtes aux lettres invitent les Polonais à quitter le pays au plus vite. Ils proclament: «Nous sortons de l'Union européenne. Il n'y aura plus de vermine polonaise." Dans la rue, au restaurant, devant leurs immeubles, les Polonais ont droit maintenant à des remarques désagréables et haineuses. Et, last but not least, il y a aussi des agressions physiques, des personnes tabassées en raison de leur nationalité...