En octobre 2015, environ 50% des Polonais sont allés élire leurs parlementaires. Les autres n'ont pas jugé bon de se déplacer. On peut imaginer que leur raisonnement ressemblait à celui de beaucoup de (non) votants dans les pays démocratiques, genre "A quoi ça sert? Ca ne va rien changer. De toute façon, ils font ce qu'ils veulent". Et en général, ce n'est pas tout à fait faux.
Mais en 2015, les abstentionnistes se sont lourdement trompés. Car l'arrivée au pouvoir d'un parti conservateur et ultra nationaliste ne ressemble en rien à l'alternance classique de gouvernance, telle qu'on la connaît par exemple en France ou en Grande Bretagne. Laisser PIS prendre les rennes du pays, c'était aller au devant d'une catastrophe annoncée.
Si on regarde les chiffres, PIS a été élu par 37,58% des votants, soit 5 711 687. Le nombre total des électeurs s'élevant en Pologne à 30 768 394, ce parti a donc été élu par un environ un cinquième des électeurs, 18% d'entre eux exactement. On peut difficilement affirmer que ces résultats l'ont rendu représentatif. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir la légitimité démocratique.
Mais cette légitimité, Hitler l'avait aussi en 1933 lorsqu'il est entré au Reichstag, lors de ce qui s'est avéré être la dernière consultation électorale libre en Allemagne, avant la Seconde Guerre mondiale. Car en tant que chancelier, Adolf Hitler a recouru à "l'Acte générateur" et obtenu ainsi des pouvoirs dictatoriaux.
Jaroslaw Kaczynski, lui, a commencé par s'attaquer au Tribunal Constitutionnel, puis à l'ensemble des institutions judiciaires, garantes d'un Etat de droit. Aujourd'hui, il veut également changer la Constitution polonaise. Avec quel objectif?
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